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29 Jun
DOUR FESTIVAL 2017 par Bastien

C'est en 1989, dans la petite commune de Dour en Belgique, qu'est naît l'un des plus emblématiques festivals du vieux continent.

Réunissant aujourd'hui près de 225 000 personnes sur 5 jours pour plus de 200 artistes, le DOUR Festival est devenu en Europe une référence en matière de rendez-vous estival. A quelques jours du lancement de la 29ème édition qui aura lieu du 12 au 17 juillet, nous avons rencontré Alex Stevens, moitié du duo de programmateurs de ce festival hors normes, pour lui poser quelques questions sur les rouages de cet événement.
Depuis sa création, le mélange des genres a toujours été le mot d'ordre. Son éclectisme, à l'origine de son rayonnement international, a permis à tous les styles musicaux de se retrouver et de vivre en osmose. Le hip-hop rencontre la musique électronique, le rock se mêle au reggae et tous les festivaliers y trouvent leur compte. Les amateurs d' Alex Cameroncurieux pourront alors apprécier le live de Red Axes, et les fans de Loyle Carnern'auront aucun mal à finir leur soirée sur la house de Black Madonna. L'idée étant d'ouvrir les portes d'accès à la musique contemporaine, de la manière la plus large possible.

Dans cette alchimie auditive, près d'un tiers des artistes présents joueront pour la première fois dans un grand festival. Les organisateurs ont créé il y a peu de temps la scène du Labo, un lieu consacré à la découverte musicale qui fait office de tremplin musical non négligeable pour nombre de ses bénéficiaires. En effet, au fil de son existence le festival a été précurseur de nombreux talents, aujourd'hui reconnus dans le monde entier. Blur, Pulp! ou plus récemment Flume ont fait leurs premiers pas sur scène face à des milliers de spectateurs en soif de découverte. La direction artistique de ce rendez-vous porte également la casquette de défricheur et sa notoriété est aussi dû aux paris que les organisateurs font chaque année, dans l'optique d'encourager les festivaliers à découvrir leur prochain coup de coeur entre deux live de RY Xet RONE. Il faut dire que la programmation est ambitieuse :



L'engouement généré autour de DOUR par les festivaliers français (qui représentent près de 15% des visiteurs) est expliqué par un besoin d'"événementialisation" de la vie culturelle et sociale. Les moins de 30 ans, majoritairement captivés par les prouesses technologiques de la dernière décennie sont à la recherche de concret. L'écoute abondante de musique en streaming révèle aussi un besoin grandissant de sensations vivantes, une envie de donner du sens à son quotidien. Alex encourage justement les gens à en sortir, à ranger leur smartphone et à se laisser porter par l'ambiance unique de son festival. Il remarque que les festivaliers ont tendance à passer leur temps à se chercher pour assister aux concerts ensemble alors que la clé d'un bon séjour à Dour est, selon lui, de ne pas avoir peur de se retrouver seul pour apprécier pleinement les structures mises en oeuvre sur le site du festival. Une vision que l'on approuve et qui a pour but de procurer une expérience beaucoup plus profitable ! Ces cinq jours de musique sont un réel moyen de sortir du quotidien et cette façon de voir les choses est applicable à chaque évènement du même type.

Pour conclure, Alex nous donne ses 5 conseils pour passer un bon DOUR :
"1. N'ai pas peur de lâcher tes potes !
2. Prends ta crème solaire
3. Prends tes bottes (le festival est connu pour son lot de surprises météorologiques, ndlr)
4. Viens profiter des nombreux extras mis en place entre les concerts
5. Fais toi aux coutumes locales !"

En tout cas, nous y serons ! Et vous ?

Bravo à Doria Nour Attia qui remporte le kit Dour !

Alex Cameron - Take Care Of Business
The Black Madonna - We Dont Need No Music (Thank You, Rahaan)
Tom Misch - Crazy Dream (feat. Loyle Carner)
RY X - Berlin
Rone - Parade
Joakim - Samurai (Red Axes remix)
31 Mar
Jaakko Eino Kalevi par Tom

Jaakko, Eino et Kalevi . Trois prénoms pour un artiste multifacettes. Producteur et multi-instrumentiste autodidacte, Jaakko Savolainen – de son « vrai » nom – fait partie de ces inclassables, et surprend inlassablement à chaque nouvelle composition. Néanmoins, puisqu’aujourd’hui nous aimons mettre les gens dans des cases, si nous devions définir le géant finlandais nous dirions sans aucun doute que c’est un rêveur, dont les compositions s’inscrivent dans un courant pop experimental, nuancé et influencé par un background musical dense.

Né en 1984 à Tiituspohja, dans le centre de la Finlande, JEK passe son adolescence plongé dans l’univers du métal mélodique – on citera Dream Theater entre autres – avant d’enregistrer quelques beats Hip-Hop, marque de la grande variété de ses influences. Puis, le futur artiste déménage à Helsinki, où il devient conducteur de tramway – ce qui, selon la légende, serait à l’origine de cet imaginaire hors du temps de ses titres, qui circule parmi les Hommes et les Histoires. Mais même sans entrer dans de telles affirmations, il est certain que cet emploi lui a permis de prendre le temps de composer, réfléchir, enregistrer ses créations, et qu’il a été décisif dans le début de carrière de Jaakko. Finalement, il finit par quitter sa terre natale et s’installe à Berlin, plus propice aux sorties nocturnes et au développement de ses albums, où il réside depuis plusieurs années. Il entame alors plusieurs tournées, accompagnant des artistes comme Unknown Mortal Orchestra, voyageant jusqu’à New York, ce qui lui permettra d’attirer l’oreille des mélomanes de tous les horizons.

Mais parlons de sa musique, puisque c’est le sujet ici. Intense, précis, toujours très attaché aux détails, le Finlandais débute véritablement en 2007, avec la publication sur le label Helmi Levyt de son premier album intitulé Dragon Quest incluant l’excellent titre Popcorn Party et sa basse percutante. S’en suivent de nombreux projets, solo ou accompagné, avec des EPs, des singles. La révélation arrive avec Modern Life , sorti en en 2010 chez Helmi Levyt. Après deux titres dans un style qui lui est propre, la balade romantique Flexible Heart et ses notes Hip-Hop s’intègrent à l’univers éthéré du Finnois. La pièce maîtresse de l’EP s’intitule Macho . Ses textes en français, son ambiance dynamique et vivante, teintée de soul en font un titre absolument formidable. Savoureux, volontairement naïf, presque désuet, le groove de I Wanna Win est un retour réussi dans les 70’s. Son solo de saxophone, composé et joué par Jaakko après seulement deux semaines de pratique de l’instrument (ce genre de performance, ça se souligne) est une merveille. Une marque de l’univers éclectique de Jaakko, dont la musique s’inscrit à la fois dans le passé, le futur, et un présent décalé. Un vent de fraîcheur.

On citera également sa (deuxième) collaboration avec son ami Long Sam sur un EP intitulé sobrement Totuuden Rakastajat / Amateurs De Vérité , sorti deux ans plus tard sur le label finlandais. Avec le très dichotomique « Cruisin’ » qui cerne bien l’univers de l’artiste : originalité, synthés vaporeux, et fond rugueux dans un mix très expérimental. Puis le titre "Plastic Bag", d’abord naïf, qui évolue vers une course frénétique dont la tension urgente se ressent tout au long du LP. "She’s the line" clôt ainsi le disque, sur une touche plus intense, voluptueuse.

Dreamzone , format plus court sorti en 2013, est sur la lancée de ses précédentes créations. Les mélodies ont un agréable goût vintage, en témoigne le solo de guitare de Memories, ou l’ambiance édulcorée légèrement mélancolique de "Uu uu uu", qui rappelle parfois Metronomy. Le titre de l’EP est d’ailleurs un clin d’oeil au site web Finlandais du même nom, sur lequel les internautes racontent et partagent leurs rêves. Jaakko dit s’être déjà inspiré de ses lectures pour construire des morceaux. Ainsi, des voix vaporeuses et le saxophone de Jaakko emmènent No End dans un voyage onirique, qui se transforme en une aventure psychédélique pour introduire le progressif "When You Walk Through Them All". Presque un hommage à la musique progressive sauce 70’s, ce titre est une conclusion particulièrement réussie à ce Dreamzone. L’expérience est prolongée par quatre remixes indéniablement plus dansants, proposés par Heatsick’s Continental Drift, Tom Noble, Peaking Lights et Vezurro.

En 2014, l’expérimental Yin-Yang Theater paraît sur Beats In Space Records (le label dirigé par Tim Sweeney, et qui héberge Paradis, que l’on a déjà pu vous présenter). L’intro psychédélique "Speak Out", la disco surprenante du loufoque "Pass The Cat" ou le presque-funk "Sensaatio" font évoluer l’univers de Jaakko vers des ambiances électriques. On en revient toutefois aux expérimentations spatiales de l’artiste avec "Tecno Souvlaki" et "Let The Energy Be Your Teacher". Le 12’’ est conclu par la deep house de "XO-tic Grlz", qui évolue peu à peu vers un style plus proche de ce que l’artiste à l’habitude de nous proposer. Comme si ce disque n’était qu’une parenthèse au milieu de l’œuvre de l’artiste.

Jaakko Eino Kalevi frappe un grand coup un an plus tard avec son album éponyme chez Weird World – une sous division de Domino, le label anglais de Arctic Monkeys, entre autres perles. Sur ce LP, le saxo est joué par la saxophoniste Jorja Chalmers, notamment membre aujourd’hui du fameux Roxy Music, et Jaakko utilise une vraie batterie. Un moyen pour lui de faire sonner sa musique comme celle d’un groupe et non plus comme celle d’un artiste solo parfois labellisé « électro ». Le premier titre s’intitule JEK. Une voix haut perchée un brin plaintive laisse place à l’artiste, dont les « Minun nimeni on Jaakko Eino Kalevi » sonnent comme une présentation polie préalable au spectacle offert par l’album. Une façon également d’expliquer à tous ses auditeurs la prononciation de ses prénoms, comme il le dit lui-même avec humour. Double Talk , second titre de l’album, est une balade rêveuse dans l’univers du Finlandais, mélancolique et chaleureuse à la fois. La performance de Suad Khalifa sur le sensuel "Deeper Shadow" amène un contraste saisissant, et ouvre la voie au rock plus tranchant de Say ou à la dynamique binaire de Night At The Field. "Mind Like Muscle" et ses influences disco, ou le jazzy "Don’t Ask Me Why" élargissent encore la palette musicale du disque, d’une richesse rare. "Hush Down", pop plus sombre, est un prélude au drame final "Ikuinen Purkautumaton Jännite", chanté avec son épouse Sonja Immonen. Ce dernier acte magistral est décomposé en deux scènes d’intensité croissante dont un ending maîtrisé qui s’achève dans un suspens jubilatoire.
Et la même année, sortait la très dansante reprise de Popcaan « Everything Nice » avec la chanteuse Farao. On trépigne avant le prochain album.

Alors voilà, nous n’avons évidemment pas été exhaustif sur l’ensemble de l’œuvre de l’artiste au vu de sa densité et de sa richesse, mais il faut bien s'arrêter un jour, et laisser un peu de mystère. Jaakko Eino Kalevi est un artiste qu'on ne peut que vous conseiller de découvrir par vous-même, avec de nombreuses perles disséminées çà et là que nous n'avons pas évoquées. Un artiste majeur, et surtout un coup de cœur.

Jaakko Eino Kalevi – I Wanna Win
Jaakko Eino Kalevi - Macho
Jaakko Eino Kalevi - Double Talk
Jaakko Eino Kalevi - No End
09 Jan
2016
Interview : Moby par Gautier

We had the privilege to discuss everything and nothing with Moby, we find a starightforward man, committed and passionate. It's a bit of its course that we’re inviting you to discover where he talks about Chris Christopherson, semiotics or even the phenomenal success of " Play." Inspiring.

To start with a little insight of the beginning of your career. How was it growing up in NYC and how did that influence your music afterwards ? What were you listening in the beginning of your childhood, what was your biggest record and so on ?

One of the first records that I bought, because I grew up very poor in NYC, when i was 10 years old a friend of mine gave me 2$ and i bought a 7 inch single of a song called Convoy. Convoy was a theme song for a movie about trucks with Chris Christopherson and i loved this song. When I was 9 or 10 years old, I just thought it was the greatest song I’ve ever heard. It was my one record, and when I put it on, I would listen to it over and over and over.

Do you think that the sound of this record influenced you afterwards ?

I don’t know because it was a country western song, and I’ve never made country western. So if it influenced me, I don’t know how.

When you started going out, with all the disco scene going on at that time, did that influence you as well ?


Well, I started going out to bar and night clubs in NYC in 1981 and it was a huge influence. The scene was so diverse… You would go to a club like Danceteria, and you’d hear punk rock and hip hop and reggae and disco and new wave and you hear all these different types of music, with all those different types of people, you know black and white and gay and straight and asian, and latino all these people coexisting and it was awesome.
Also, Ny in the 80s was a really strange place, very poor, buildings were on fire, crack was everywhere, it was very different that the way it’s now.

So today you’re kind of titled as an electronic music artist and do you think that sound influenced you ?

Yeah, my background is very strange, because when I was young I played classical and when I was 13 I started playing in punk rock bands and going to clubs in NYC, I’d go to clubs to see punk rock bands and the dj afterwards would play hip hop or reggae or disco and it was an expose to all these different types of music and it was really interesting and challenging.

Because nowadays when i see your remixes, you have those edgy remixers, techno remixers etc. You have a great diversity of artists coming from different genres, is that a choice of yours ? 


Yeah. The world of remixing, i find it very interesting because it’s very difficult to remix most of art, because you would hurt the original. You know, it’s hard to remix a building, it’s hard to remix a sculpture, it’s hard a film. Music, what I find interesting , is you can do different remixes and it doesn’t hurt the original. So it’s like a dialectic or a form of communication. It’s almost like the original song exists, like a lexicon and the remix is a linguistic extrapolation from that lexicon. Sometimes it works sometimes it doesn’t but it’s an interesting process.

And do you see also as a way to revisit your work and maybe with a different point of view and perspective than when you composed it ?

To be honest with you, the main reason why I remix my own music, it’s because it’s just fun ! You know over the years I’ve remixed everyone from Daft Punk to Michael Jackson to David Bowie, it’s interesting to see how those people work, interesting to see what I can do interpreting their work.

Regarding this clubby sound we’ve just listened into your set. it sounds very contemporary. Is this something you’re after, hunting for new sound ? How do you proceed to do your selection ?

I go online and I find music. I don’t deejay that often. When I do it, it’s just fun, because I get to play music that I normally don’t listen to and also at home, I tend to listen to music on like a little stereo and you know, deejaying is really nice because for example I played at the Zenith earlier and to play techno on a huge sound system is just FUN !
When I’m home I listen to classical music and folk music and jazz and punk rock and weird electronic music. So I don’t really listen to this kind of music at home.



Maybe getting back more to your early productions, there was always something that struck me as a listener, it ‘s that there was a real link with your music that you were doing in the 90s and the trip-hop vibe that was going on in the UK with bands such as Massive Attack or Portishead… Was it some music that you were listening to as well ?

Yeah definitely. I’ve always loved Massive attack. Especially their first four albums., because they were borrowing from so many interesting genre, borrowing from r&b and soul music but also some weird rave elements and some dirtier industrial electronic elements but always with this very nice feminine quality. So Massive Attack and Tricky, Portishead… all these people did beautiful records and there’s no denying just how wonderful some of those records were.

Regarding your creative process, there’s something I found regarding Wait for Me. David Lynch mentioned in a speech on how you have to be isolated from the market and from the music industry to create art forms that are protected from the outside influence ? Was this your point of view at the moment and how challenging was that ?

Well, we live in a world where so many people make art or music because they want a career. And I won’t criticize that but to me art and music are more precious and potentially more beautiful and more interesting than a career.
And what happened with me in the 2000s , from 2002 till about 2008, was that I found myself thinking too much about career.
You know I was still trying to make music that I liked but I was thinking about radio and sales, and I heard this David Lynch talk and it just reminded me that I wanna spend my life thinking about music and thinking about human condition, beauty and emotion and I don’t wanna think about commerce.
If I make music and it sales, that’s OK. But if I make music that radios will play, that’s OK, but that shouldn’t be the goal. The goal is to try and make something that i really love. That other people might love as well.

And was this also why you made this punk rock album after the Gosingle ? Was that a form of rebellion ? How different was the approach ?

The album Animal Rights was honestly what I wanted to make.

There’s a lot of things online saying that you wanted to rebel etc.

Because I love playing guitar and screaming.
There’s this Sigmund Freud quote that says that « a cigar is just a cigar » and sometimes a punk rock records is just a punk rock records.
I guess, a lot of the musicians when I was growing up, Jon Lennon, Bob Dylan, David Bowie, Neil Young, they were experimenting a lot you know. If you think of the Beatles, they made Revolution 9, Helter Skelterand Hey Jude… It’s like a wall of experimentation. When I made the album Animal Rights, I just made something different because I loved the idea of doing it.

Without the commercial pressure ?

Yeah I mean, it makes me sad when artists or filmmakers, or musicians make conservative work to satisfy commerce. Commerce is OK but Art is precious.
I can’t really criticize commerce because it’s nice to be able to buy sneakers, t-shirts, food in my refrigerator, I’m glad that it exists and so on. But art should be better than that.



So now you’re in a good position to keep on doing this ? You have the freedom of doing what you want !

Definitely. A lot of the music that I’m making right now is actually kind of like inspired by some of the new wave music I listened to when i was growing up. Killing joke, Magazine, Joy Division, ….. it’s been really fun making music like that.

I was wondering, getting back to when your big success happened in the late 90s. Because of the success of the record that grew organically ? How accidental was it ? How did that happen, how do explain that ?

I don’t understand it. Especially with the album Play, it was a weird record, made with weird musician in his bedroom, involving a lot of vocal samples. It really shouldn’t have ever become that successful. But somehow it did and I still fully don’t understand why.

Also, regarding the label you’re running, can you present the project ?

The Little Idiot label is not really a record label, because i’m the only artist on it. Here I license my music to Because.

How would you feel about scouting running a proper label ?

I’d rather start an Animal Rights charity.
I love music and I love how democratic the music world is but I don’t wanna do that and I love to have very little to do with the music business.

Intense approach towards internet, you’re using it a lot, twitting and facebooking a lot. For you how does that change the relationship towards your fans ?

Part of it is that I’m a lone child. I live alone and I work alone. I like being alone but I also really like connecting with people. And if I try to connect with people with the music that i make, essays that I write, pictures that I take, I like being somehow connected to people. My favorite thing about social media is that.

It’s to Connect and people respond and you get a sense of how people are reacting and it tells me more about what people like. That’s one of the goals of our lives, it’s try to understand ourselves better and try to understand people around us. In a strange way social network can do that. You can actually learn something about human condition. If I pay attention.
I don’t really use it only to promote myself, that would be depressing, I’m much more interested to try to use it as a vehicle for communication.

So can you give us something that you learned from that ?

People like animal pictures, people like cute videos on youtube, dogs and pumpkins.
It’s one thing that always interested me is the nature of semiotics. It’s the relationship that we have to symbols. Everything is a symbol, coke is a symbol of sugar, and so on. That building is a symbol of commerce and architecture.
And for the most part, when we live, we don’t spend too much time thinking about the symbols. We manipulate the symbols, we make the symbols, but we don’t think about why we have a relationship to them. And i find the dialectic inherent in social networking to be fascinating in what it tells me about symbolic meanings and symbolic representations.

You also have the same approach when you’re composing music ? You’re looking for that same experience ?

Music to me is much more emotional. I can deconstruct music, but in a way there are some things in life that are so magical that I almost don’t wanna deconstruct them too much.
Like sex, playing with a dog, listening to music, playing some music, jumping in a lake, like certain things, it’s fun to intellectualize them but sometimes more fun to experience it.

When you work in your studio at home, you have spontaneous approach towards composition then ?

Oh yeah. I tried for a lil while to have what I call a real studio. Meaning I lived in one place and I had a studio somewhere else. Because for my entire life, my studio has been my bedroom, or next to my bedroom.
So I had a real studio in LA and I’d leave my house and go to my studio and it made me sort of sad to not have my studio in my bedroom or next to it. So i sold that studio.
And in the house i’m in now, my studio is in one bedroom and I sleep in the bedroom next to it. I really don’t like being too far away from my studio. Like I don’t understand how people do, like my work life has to be so integrated to my daily life. Some people go to work, but i’d never leave.
I don’t mean in that type-corporate sort of way but my work is my « raison d’être ». Not proving myself to the world, not making money, but making things that are important to me and I think have potentially a beauty and a meaning to them.
So why would you ever take time off from that ? Everything is in service of that. It reminds me of an anthropologist study.
I was reading this Anthropologist, who wrote the story that he went to an island in south pacific and spent time with the natives and he ask the natives « Oh ! where are your churches, where would you go to warships » and they were completely confused by this. Because they said « why would you go somewhere to warship ? Warship is everywhere ». Why would you say that God only exists in that House over there ? When God exists everywhere.

Like why would I... If your work is you way of trying to make sense of yourself, why would you only do it in one place ? I don’t understand this.

I also regarding the strong power of the music, i really feel that it’s inside you. And how do you think that influenced your decision to be part of the Institute for Music and neurologicFunction ?

Oh yeah. It was started by Oliver Sacks who died recently. He was a neurologist
who started to look into the ways music actually affects the brain and immune system and the endocrine system. And what he learned is that music is a remarkably powerful healing modality.
It decreases stress hormones, it promotes neurogenesis (the growth of new neurones) and it’s more powerful than most medicine. But there are lots of things in our lives that are powerful healers but that we ignore because they don’t come from pharmaceutical companies. You know like an organic orange, playing with a puppy, sleep, music, affection, nature…. Like these things are really healing but people ignore them and instead they go to the doctor. I like doctors, doctors are good, but like, things around us they already have potential for healing. And that’s what Dr Sacks showed me in this institute and, i think it’s part of a broader movement towards, I’d say, like intuitive…
of saying i don’t need to go to the doctor and take a prescription to loo after my health. I can heal myself with friends, nature, divine, music, animals, food and so on. The world is healing and we shouldn’t ignore it. We shouldn’t ignore a puppy, an organic orange, someone you love or your favorite song to go to the doctor. You know because the puppy, the organic orange, your favorite song or someone you love.. They will heal you almost better than many medicines you’ll get from the doctor.

The way you’re involved into that institute, how does that work ?

I talk about music therapy, I give them money, I give them equipment, I help them with fundings, I help them with music motion, lots of different things.

My final one is : How are your drum machines ?

They are right now in storage. The house i’m in I don’t have enough space. I need to figure out what to do with them. Right now they’re in storage so thank you for reminding me. Because i don’t know where to put them.

Thanks very much.

Thanks for staying up late !

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